L’arthrose est une dégénérescence des cartilages souvent liée à l’âge.
Traitement de l’arthrose : les antidouleurs
Le paracétamol (Doliprane®) est le médicament antalgique classiquement utilisé en première intention en cas de douleurs liées à l’arthrose. Néanmoins, il est inefficace (quelle que soit la dose employée) s’il n’est pas combinée à d’autres substances antalgiques.
En revanche, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), se révèlent efficaces malgré le fait que l’arthrose, contrairement aux rhumatismes inflammatoires, ne soit pas due à une inflammation.
Attention toutefois, la prise d’AINS en cas d’arthrose augmenterait de 41 % le risque de développer une maladie cardiovasculaire, de 56 % le risque de cardiopathie ischémique et de 64 % le risque d’AVC. Il est donc fortement conseillé de privilégier les traitements de durée brève et uniquement lorsque les symptômes sont trop invalidants.
Le diclofénac à raison de 150 mg/jour est l’AINS le plus efficace disponible.
Par ailleurs, en cas de fortes douleurs, associées à une inflammation (ce qui est le cas en cas de crise d’arthrose), des injections de corticoïdes dans l’articulation douloureuse ou des comprimés de cortisone peuvent être efficaces.
Les traitements locaux
Les traitements locaux doivent être privilégiés en cas d’arthrose.
Certains antalgiques appliqués localement (crème ou patch) sont en effet très efficaces, surtout sur l’arthrose du genou (gonarthrose) et de la main.
Ils sont généralement à base d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui ont aussi une action antidouleur. Il existe par exemple des patchs à base de diclofénac, ou des gels d’ibuprofène ou de kétoprofène.
Les gels ou crèmes de capsaïne sont également recommandés.
Citons également la neurostimulation électrique transcutanée (TENS) essentiellement utilisée dans le cas des douleurs neuropathiques. Elle consiste à contre-stimuler le système nerveux en périphérie afin d’induire un effet antalgique. Ce système maniable par les patients a un effet supérieur aux opioïdes faibles et ne présente aucun effet indésirable.
Les traitements « chondroprotecteurs »
Les chondroprotecteurs sont des traitements destinés à protéger le cartilage qui est peu à peu détruit en cas d’arthrose.
Il n’existe aucun médicament chondroprotecteur vraiment efficace, mais certains médicaments ont montré quelques effets protecteurs, parfois contestés par les chercheurs. Comme il s’agit de médicaments naturels sans trop d’effets secondaires, il n’y a toutefois aucun danger à les essayer :
- la glucosamine, sous forme de comprimé ;
- le chondroïtine sulfate, sous forme de comprimé ou de poudre ;
- l’acide hyaluronique, administré par le médecin sous forme d’injection dans l’articulation ;
- l’hydrotomie percutanée qui consiste à injecter de l’eau de mer (à laquelle sont associés un chélateur, du magnésium, des vitamines et des minéraux) à quelques millimètres sous la peau au niveau de l’articulation douloureuse (cette technique améliore considérablement l’arthrose dans 80 % des cas) ;
- les insaponifiables d’avocat et de soja (de type Piasclédine®) ;
- les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) qui vont favoriser la prolifération des cellules-souches qui se spécialisent en cartilage et en tissu osseux (elles permettent aussi de ralentir la progression de la maladie, de diminuer la douleur et l’inflammation et d’améliorer la mobilité et la fonction).
Traitement de l’arthrose par la rééducation et le sport
Il s’agit probablement du traitement de l’arthrose le plus efficace. On observe des résultats tant sur le plan de la douleur que sur la fonction (mobilité articulaire).
La rééducation et la pratique d’une activité physique régulière (en dehors des crises trop douloureuses au cours desquelles l’activité doit être réduite mais pas supprimée) permettent de renforcer les muscles (notamment les exercices d’anaérobie) et de protéger les articulations.
L’activité physique peut avoir lieu à sec et/ou en milieu aquatique (aquabike, aquagym et natation…) et il est recommandé qu’elle soit initialement supervisée, par exemple par un kinésithérapeute, pour être ensuite pratiquée en autonomie. Les mobilisations articulaires doivent être intégrées au programme d’activité physique, notamment pour lutter contre le raidissement.
Les prothèses
En cas d’arthrose sévère, lorsque les articulations sont trop abîmées, il peut être nécessaire de les remplacer par des prothèses. C’est parfois le cas en cas d’arthrose de la hanche (coxarthrose), du genou (gonarthrose) ou de l’épaule.